interv’you

Depuis combien de temps vis-tu de ça ?

— J'essaie d'en vivre depuis cinq ans. Des lampes ou d'autres babioles, d'ailleurs. J'ai toujours fait des conneries comme ça pour moi, même quand j'étais costard-cravate. En rentrant du boulot j'arrivais ici, je tombais le masque et je bidouillais sur le palier. A l'époque je n'imaginais sûrement pas en faire mon métier.

Comment t'est venue l'idée de piocher un peu partout, qu'est-ce qui t'a amené à t'intéresser à la récupération ?

— En fait, c'est mon pater qui m'a appris ça dans les années 60-70 quand j'étais môme. La véritable histoire c'est d'abord ça. Je suis le fils d'une espèce d'Indiana Jones qui baladait sa famille autour du monde. On était non seulement expatriés mais broussards. A l'étranger, on était un mois en ville pour acheter des 4x4 et puis un autre mois en fin de mission, pour refourguer tout le campement. Le reste du temps, c'était sous la guitoune. Quand on avait une baraque, c'était une vague case de passage. Alors soit on tapait dans le contingent de meubles pourris de la boîte (canapés usés à pieds pointus, tables en formica et autres trucs du genre) soit on improvisait. On faisait le tour du quartier, on fabriquait notre mobilier avec du bois de caisses, un lampadaire avec une lessiveuse, une sculpture avec des bouteilles vides… Après c'est devenu une sorte de tradition familiale. Tu vois donc que le fait de s'appeler "Garbage", c'est ni d'aujourd'hui ni une astuce pour être dans l'air du temps.

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